Les Sourds : l'affirmation d'une identité

Connue depuis le Ve siècle av. J.‑C., la langue des signes a été souvent 
rejetée par les institutions. Le récit de son histoire montre qu’elle mérite d’être reconnue aujourd’hui comme une culture à part entière.

Pour la plupart des gens, la surdité évoque la perte d’un sens, celui de l’ouïe, et est associée au handicap que cela entraîne irrémédiablement. Plus que la cécité peut-être, la surdité fait peur car elle est synonyme d’isolement et de rupture sociale. De fait, la surdité interroge et interpelle depuis toujours : l’homme atteint de surdité peut-il développer un langage ? S’il ne le peut pas, peut-on le considérer comme membre à part entière de la collectivité humaine ? Pourtant, si l’on considère que le langage articulé est apparu entre 250 000 et 100 000 ans avant notre ère, c’est bien peu au regard de la « réciprocité des gestes (1) » estimée, elle, à 25 ou 30 millions d’années. Les primates sont principalement des animaux visuels : chez les hommes comme chez les singes, la vue est de loin le plus développé de [ lire la suite... ]

Histoire des Sourds et de la Langue des Signes

L'origine des malentendus

Antiquité     -3000 à 476

Socrate

Grèce

499-399 avant JC

« Si nous étions privés de langue et de voix, et que nous voulussions nous désigner mutuellement les choses, ne chercherions-nous pas à nous faire comprendre, comme les muets, au moyen des signes de la main, de la tête et de tout le corps ? ».

Platon

Grèce

429-347 avant JC

"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus, au-dessus d’eux, l’autorité de rien et de personne, alors, c’est là, en toute beauté, et en toute jeunesse, Le début de la tyrannie."

"Quelqu'un qui ne parle pas ne peut pas penser"

philosophe Aristote

Grèce

384-322 avant JC

"L'homme est un animal politique et doué de langage"

"Les sourds sont irrémédiablement inéducables."

Moyen-Age     476 à 1492

Abbaye de Cluny

910-1789

La langue des signes était utilisée par les moines qui avaient fait vœux de silence pour quasiment tous les échanges. C’était notamment le cas à l’abbaye de Cluny.

Or, cette histoire est riche d’enseignements d’une part, et d’autre part, elle permet de comprendre les réactions, les frustrations et les peurs de nombreux Sourds aujourd’hui. En effet, l’histoire des Sourds et, de surcroit, celle de la Langue des signes
Après avoir expliqué brièvement les raisons pour lesquelles on parle de « Sourds » plutôt que de personnes sourdes, nous reviendrons entre autre, sur l’histoire de l’Abbé de l’Épée, et le fameux Congrès de Milan, afin de mieux comprendre dans quels débats et quels enjeux, les Sourds se situent aujourd’hui.

Époque moderne     1492 à 1789

Naissance de l'éducation en langue des signes

L’Abbé de l’Epée
Charles-Michel Lespée dit l’Abbé de l’Epée1 est un personnage incontournable de l’histoire des Sourds. Ceux qui en ont entendu parler vaguement, pensent à tort qu’il est l’inventeur de la Langue des signes. Il n’en est rien.
L’histoire raconte qu’un jour, il fit la rencontre de deux soeurs jumelles sourdes qui signaient (ou communiquaient en Langue des signes) entre-elles. Intéressé par les langues en général, l’Abbé de l’Epée fut intrigué par le mode de communication de ces deux jeunes filles dont le professeur est décédé. L’Abbé de l’Epée décida d’apprendre cette langue aux côtés d’elles. Très vite, il comprit les enjeux d’un tel mode de communication, pour les Sourds et créa, autour de 1760, la première école avec un enseignement en Langue des signes.
1Pour une biographie un peu plus détaillée : www.renelegal.fr/pgabbedelepee3.html ou http://fr.wikipédia.org/wiki/charles-Michel_de_L%27Épée#Biographie
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L’Abbé de l’Epée, et la France en quelque sorte, montre l’exemple et s’occupe de l’éducation de ces Sourds qu’on prenait pour des enfants inéducables, arriérés ou encore sauvages… Son succès est national et international, puisque même des personnes de la Haute société lui envoient des enfants sourds (encore appelés sourds-muets à l’époque2). Son travail est reconnu et salué.
Au moment de sa mort, en décembre 1789, sa maison devenue école pour Sourds, comporte près d’une centaine d’élèves. L’Abbé de l’Epée a ainsi commencé une nouvelle « tradition » qui était vouée à la perpétuation. Ce n’était pas sans compter sur le Congrès de Milan…

« Sourds » et « sourds »
Aussi, avant d’aller plus loin, nous aimerions apporter une petite précision quant à la terminologie utilisée lorsque nous parlons des « Sourds ». En tant qu’association défendant les droits et la citoyenneté des personnes handicapées, l’ASPH a toujours parlé de « personnes handicapées », de « personnes aveugles » ou de « personnes sourdes ». L’idée étant de toujours mettre en avant la personne avant son handicap. Ceci dit, nous ne pouvons ignorer le fait que lorsqu’il s’agit de surdité, les choses ne sont pas aussi simples…
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Les Sourds ne se considèrent pas forcément comme « handicapés » ou « déficients ». Ils réfutent souvent la vision médicale et déficitaire de la surdité pour une vision plus sociale et culturelle. En d’autres termes, être Sourd ne signifie pas uniquement, avoir un sens en moins, mais signifie surtout avoir un autre rapport au monde (souvent plus visuel) et une autre langue, la Langue des signes.
Il nous semble malheureusement encore nécessaire de rappeler que la LSFB (Langue des Signes Francophone de Belgique) est bien une langue à part entière, reconnue à l’époque, en 2003 en communauté française, et non d’un simple langage, limité à communiquer les éléments quotidiens et basiques. Non, en Langue des signes on peut philosopher, discuter, échanger, débattre, informer ou faire de l’humour.
Pour toutes ces raisons, nous prenons donc le parti de parler de « Sourds » avec un « S » majuscule. Non pas pour leur nier la qualité de personne mais bien pour mettre en évidence cette communauté qui pratique la Langue des signes, et qui revendique son appartenance à la culture sourde.

Abbé de l'Epée 1712-1789

rencontre des jumelles (année ??)

Au 18ème siècle, ce fut l’abbés de l’Epée qui s’intéressa de plus près aux modes de communication entre sourds et muets. Il adapte la langue des signes déjà existante en y ajoutant des règles de grammaire et de conjugaison française. Il appelle ça les signes méthodistes. Plus tard il ouvre une école où il enseigna ce langage.

A partir du 16ème siècle, des précepteurs commencent a éduquer les sourds notamment ceux issus de la noblesse. Notons, le précepteur Pedro Ponce de Leon, un moine bénédictin qui s’intéressa de très près à l’alphabet des signes.

1760 Ecole pour sourds

1ère école en France et dans le monde

= modèle pédagogique pour les autres pays

Époque contemporaine     1789 à maintenant

Thomas Gallaudet (américain entendant)

rencontre Laurent Clerc (Sourd)

1 mois pour rallier la France aux USA en bateau

et apprendre la langue des signes française

création université Gallaudet aux USA

En 1880, le congrès de Milan oppose les oralistes ( ceux qui pensent que les sourds doivent apprendre à parler) et les gestaltistes. Finalement, il décrète que la méthode moraliste doit être préférée pour trois raisons. La première étant le fait que la langue des signes n’est pas une fraie langue, la seconde qu’elle ne permet pas de communiquer avec Dieu, et la troisième raison est le fait qu’elle entrainerait la tuberculose, les sourds ne pouvant pas respirer à cause des signes. La langue des signes sera onc proscrite pendant près de cent ans.

1880 Congrès de Millan

Oralisme pur et dur en Europe et dans le Monde

Langue des signes dite geste bannie (sauf USA)

Il découvre un jour de pluie, en entrant dans une maison, deux soeurs jumelles sourdes qui communiquent entre elles par une gestuelle très élaborée. Il décide d’apprendre les gestes avec elles. Il crée une petite école
chez lui où il reçoit gratuitement comme élèves tous les enfants sourds qu’on lui confie. Sa philosophie augustinienne l’autorisait à voir dans les gestes de ses deux protégées des signes représentant directement les idées. Il imagina donc une langue des signes gestuels naturels, ordonnés selon la syntaxe française. L’abbé
de l’Épée mérite la sincère reconnaissance de tous les sourds. Il n’a pas inventé la  Langue des Signes mais il est le premier à baser l’enseignement des sourds sur des gestes qui venaient des sourds eux-mêmes.
Il est très important de savoir qu’historiquement, la Langue des Signes  Française (L.S.F.) après avoir été un moyen de communication très développé dans l’éducation de jeunes sourds et dans leur culture, fut interdite en 1880, lors du congrès de Milan, réunissant des professionnels de la surdité, de farouches défenseurs de l’ "oralisme", décidant de
favoriser celui-ci plutôt que la «gestuelle ». Les prétentions du XIXème siècle étaient de fondre les sourds dans la société des entendants. Celles du XXème seraient l’ambition de résoudre les problèmes par
l’avancée des technologies (les prothèses), 
la chirurgie et l’orthophonie. Réapparaissant en 1970 par un mouvement Américain, la Langue des
Signes Française, depuis reprend peu à peu sa vraie place, même officiellement, dans l’éducation, (J.O. du 19 décembre 1990), ce qui va entraîner un besoin accru de
médiateurs en LSF, d’interprètes et de services adaptés. La loi du 11 février 2005 reconnaît La Langue des Signes Française comme Langue à part entière et précise que les établissements existants recevant du public
doivent être tels que toute personne handicapée puisse y accéder, y circuler et y recevoir les informations qui y sont diffusées, dans les parties ouvertes au public.
L’information destinée au public doit être diffusée par des moyens adaptés aux différents handicaps.

Le parcours exceptionnel de Laurent Clerc (1785-1869) : Sourd né en France, il a très longtemps vécu aux États-Unis, où il a développé l’enseignement donné aux élèves sourds. Il a également participé à la fondation de l’université Gallaudet, qui est, aujourd’hui encore, la seule université pour les Sourds.

Congrès de Milan
Dès 1878, se tient chaque année le « Congrès international pour l’amélioration du sort des sourds-muets ». Après Paris et Lyon, c’est à Milan que se tint ce Congrès en 1880. Et s’il est bien une période noire dans l’histoire des Sourds, ce n’est autre que celle de ce Congrès, ainsi que les années qui ont suivi.
En effet, à la fin de ce Congrès, l’enseignement de la Langue des signes est tout simplement interdit (!) au profit de la méthode orale. Les Sourds n’ont plus le droit d’utiliser la Langue des signes et doivent oraliser. Aucun choix possible.
Ce Congrès apparait comme une énorme mascarade. Tant par le choix du lieu du congrès (les italiens étant défenseurs de l’oralisme) que des personnes invitées pour mener les débats et voter. Quelques Sourds (trois) sont néanmoins présents, mais aucun interprète ne s’y trouve alors que des traductions sont prévues dans d’autres langues.
Différentes résolutions sont votées à la quasi-unanimité. Ainsi « le congrès, considérant l’incontestable supériorité de la parole sur les signes, pour rendre le sourd-muet à la société et lui donner une plus parfaite connaissance de la langue, déclare :
 que la méthode orale doit être préférée à celle de la mimique pour l’éducation et l’instruction des sourds-muets.
 que le moyen le plus naturel et le plus efficace par lequel le sourd-parlant acquerra la connaissance de la langue, est la méthode objective (intuitive), celle qui consiste à désigner d’abord par la parole, puis par l'écriture, les objets et les faits mis sous les yeux des élèves.
 Que dans leurs conversation avec les parlants les sourds-muets se servent exclusivement de la parole.
 Que les élèves nouvellement venus dans l’école forment une classe à part, dans laquelle l’enseignement sera donné par la parole.
 Que ces élèves soient absolument séparés des autres sourds-muets, qui étant trop avancés ne peuvent plus être instruits par la parole et dont l’éducation sera terminée avec les signes.
 Que chaque année on établisse dans l’école une nouvelle classe de parole, jusqu’à ce que tous les anciens élèves instruits par la mimique aient achevé leur éducation ».
Nous tenions à remettre en partie le contenu de ce qui a été approuvé lors de ce Congrès, pour bien montrer toute la violence symbolique qui est faite aux Sourds. On y parle de « mimiques » et non de Langue, on sépare des élèves « sourds-signants » des autres sourds, pour éviter qu’ils ne communiquent entre eux, en Langue des signes. On oblige les sourds à oraliser et on leur interdit de signer.
Dans certains pays qui favorisaient l’oralisme (comme l’Italie), ces décisions ne changèrent rien. Quant à d’autres états plus éloignés, comme le Canada ou les Etats-Unis qui favorisent la Langue des signes, ces décisions ne changèrent rien également. Le séisme a donc eu lieu principalement dans les pays francophones.Sur le terrain, beaucoup constatent que la méthode orale exclusive ne convient pas aux Sourds et que « l’oralisme (…) est paradoxalement devenu un obstacle à la communication et à la pratique d’un métier nécessitant des échanges. Après seulement onze ans d’expérience éducative uniquement oraliste, les sourds ne peuvent finalement effectuer que des métiers où ils sont isolés et donc non intégrés ».
Ce n’est que près d’un siècle plus tard, en 1976, que l’interdiction d’enseigner en Langue des signes sera levée en France.

Congrès international pour l'amélioration du sort des sourds-muets

1er en 1878 à Paris

1879 Lyon

8 au 11 septembre 1880 à Milan

3ème du 13 au 18 août 1883 à Bruxelles

1er 1889 

2nd 1893 Chicago (USA)

3ème 1896 à Genève (Suisse)

Congrès international des Sourds-Muets

Congrès International pour l'étude des questions d'assistance et d'éducation des sourds-muets

6 au 8 août 1900 à Paris

Histoire des Sourds (1900-2000)

 

1900

Le 2e Congrès international des sourds, présidé par un sourd Ernest DUSUZEAU (Chevalier de la Légion d'Honneur), a lieu à Paris.

1903

Fondation de l'Union nationale des sociétés des sourds-muets à Paris.

1908

Emile MERCIER, sourd lui-même, fait don personnel de 10 000 F à l'Association des sourds de Reims et de Champagne-Ardennes qui devient propriétaire d'un foyer actuellement le plus ancien de France.

Naissance du premier numéro de l'Echo de famille sous forme d'un petit livre, ancêtre de l'actuel Echo Magazine grâce au frère Alexandre LEMESLE, alors directeur de l'Institution des enfants sourds à Poitiers.

1911

Fondation du premier club omnisports : le "Club sportif des sourds-muets de Paris" (C.S.S.M.P.).

1912

3e Congrès international des sourds organisé par l'Alliance républicaine de 1895 à Paris : Première intervention de Louise GAILLARD, surnommée la Jeanne d'Arc des sourds , militante pour le droit des femmes sourdes.

1914

Naissance de journal sportif "le sportman silencieux" par un sourd, Eugène RUBEN-ALCAIS.

Création de la Mutuelle des sourds-muets de Paris (Caisse de secours mutuels).

1914-1918

Première guerre mondiale.

Un certain sourd, Lucien BLANVILLAIN, engagé volonataire mais tué en 1915 lors de l'assaut du plateau de Vilmy.

1918

Fondation de la Fédération sportive des sourds-muets de France (F.S.S.F.) par Eugène RUBEN-ALCAIS.


1924

Grâce aux efforts d'Eugène RUBEN-ALCAIS, surnommé le Pierre de Coubertin des Sourds, les Ie Jeux olympiques des Sourds ont lieu à Paris avec la venue des 145 sportifs dont une femme hollandaise. Au programme : athlétisme, natation, foot, cyclisme et tir.

1925

Naissance de la Fédération nationale des instituts des jeunes sourds et aveugles de France (F.N.I.S.A.F.).

Fusion de deux associations "Mutuelle de (1914)" et "Union française des sourds-muets (de 1895)" : Union mutuelle des sourds-muets de Paris.

1926

Premier Salon international des artistes silencieux de France sur une idée de Valentin de Zubiaure, peintre sourd espagnol et de François Crollard, sculpteur sourd français ; une grande exposition où de artistes sourds en provenance de plusieurs pays ont suscité auprès du public , un autre regard sur la surdité.

1927

Déclaration officielle du Comité international des sports des sourds (C.I.S.S.) d'après une idée d'Eugène RUBEN-ALCAIS.

1928

IIe Jeux olympiques des sourds à Amsterdam (Hollande).

1931

IIIe Jeux olympiques des sourds à Nuremberg (Allemagne).

4e Congrès international des sourds-muets à Paris organisé par la nouvelle société, celle de la Fédération des sociétés françaises des sourds-muets à Paris.

1933 
Le chancelier allemand Adolf HITLER promulgue une loi sur la prévention de la transmission des maladies héréditaires dont la surdité: dans le cadre du programme d'hygiène raciale, 17 000 sourds au moins sont stérilisés dont 1/3 d'entre eux a moins de 18 ans. Dans 9% des cas, la stérilisation des femmes sourdes s'accompagne d'un avortement obligatoire (de 1933 à 1939).

Déclaration officielle de la Fédération des sociétés françaises des sourds-muets dite Fédération nationale.

1935

IVe Jeux olympiques des sourds à Londres (Angleterre).

1936

Mort d'Eugène GRAFF, militant sourd, pendant 35 ans pour la construction d'un foyer des sourds à Paris qui ne fut jamais aboutie, faute d'argent.

1937

Pour la première fois de toute l'histoire du cinéma français, Maurice HUMBERT, sourd lui-même, joue dans le rôle du prisonnier dans le film "Chéri Bibi" de Léon MATHOT.

5e Congrès international des sourds-muets organisé par la Fédération des sociétés françaises des sourds-muets à Paris.

1939-1945

Décès d'Henri GAILLARD, journaliste sourd et rédacteur en chef de "La Gazette des sourds-muets", membre de la société des gens de lettres.

Ve Jeux olympiques des sourds à Stockolm (Suède).

Paul BURKEL, seul sourd engagé dans les Forces navales françaises libres du début juin 1940 à la fin mai 1945 en Angleterre et le plus médaillé de France, peut être le plus médaillé du monde.

De 1940 à 1942, 1 600 Sourds allemands au moins sont transférés puis exterminés dans les camps de concentration.

1948

Premier Jeux olympiques d'hiver des sourds ont lieu à Seefeld (Autriche).

Fusion de l'Association française et étrangère pour l'avancement général des sourds-muets avec l'Alliance républicaine de 1895.

Naissance de l'Association nationale des parents d'enfants sourds (A.N.P.E.D.A.) et du Association des devenus-sourds (B.U.C.O.D.E.S.).

1949

Naissance de l'Union nationale des amicales d'anciens élèves des écoles libres des sourds-muets de France sur une idée d'un sourd André SAINT ANTONIN.

Le cycliste belge professionnel Jacques GEUS, sourd lui-même, termine 27e du tour de France remporté par le campionnissimo Fausto COPPI.

VIe Jeux olympiques des sourds à Copenhague (Danemark).

1951

Naissance de la Fédération mondiale des sourds (F.M.S.).

Le 1er Congrès mondial de la F.M.S. a lieu à Rome (Italie).

1953 

VIIe Jeux olympiques des sourds à Bruxelles (Belgique).

IIe Jeux olympiques d'hiver des sourds à Oslo (Norvège).

1955

2e Congrès mondial de la F.M.S. à Zagreb (Yougoslavie).

Le Comité national de coordination des sociétés silencieuses de France remplace la Fédération des sociétés françaises des sourds-muets.

IIIe Jeux olympiques d'hiver des sourds à Oberammergau (Allemagne de l'Ouest).

1957

VIIIe Jeux olympiques des sourds à Milan (Italie).

1959

La loi Buron autorise les sourds à passer le permis de conduire.

3e Congrès mondial de la F.M.S. à Wiesbaden (Allemagne).

Naissance de la Fraternité catholique des sourds.

IVe Jeux olympiques d'hiver des sourds à Montana Vermala (Suisse).

1961

La presse silencieuse "La voix du sourd" remplace "La Gazette des sourds-muets".

IXe Jeux olympiques des sourds à Helsinki (Finlande).

1962
Sortie du film américain "Miracle à Alabama" d'Arthur PENN qui raconte la vie d'Helen KELLER, sourde-muette et aveugle.

1963 
4e Congrès de la F.M.S. à Stockholm (Suède).

Le Comité national de coordination des sociétés silencieuses de France devient la Fédération nationale des associations des sourds de France.

Ve Jeux olympiques d'hiver des sourds à Are (Suède).

1964
Sortie du film français "Une fille et des fusils" de Claude LELOUCH avec l'actrice sourde Janine MAGNAN.

1965

Xe Jeux olympiques des sourds à Washington (Etats-Unis).

1966

Naissance de la confédération nationale des sourds de France (C.N.S.F.).

Nouvelle nomination au sein de la fédération : Confédération nationale des sourds de France après dissolution de l'Union nationale des amicales d'anciens élèves des institutions des sourds-muets de France et de la Fédération nationale des associations des sourds de France.

Fondation de l'Association française pour les personnes devenues-sourdes ou malentendantes (A.R.D.D.S.).

1967

5e Congrès mondial de la F.M.S. à Warsaw (Pologne).

VIe Jeux olympiques d'hiver des sourds à Berchtesgaden (Allemagne de l'Ouest).

1969

XIe Jeux olympiques des sourds à Belgrade (Yougoslavie).

1970

Première émission religieuse en langues des signes par le père Claude ROBERT, aumônier, et retransmise par la télévision consacrée aux sourds.

1971

6e Congrès mondial de la F.M.S. à Paris.

VIIe Jeux olympiques d'hiver des sourds à Adelboden (Suisse).

1973

XIIe Jeux olympiques des sourds à Malmö (Suède).

1974

D'après une idée d'un sourd André SAINT ANTONIN, l'Union nationale pour l'intégration sociale des déficients auditifs (U.N.I.S.D.A.) voit le jour : elle fédère les principales associations françaises des sourds et publie un journal mensuel "IDDA-infos".

1975

7e Congrès mondial de la F.M.S. à Washington (USA).

VIIe Jeux olympiques d'hiver des sourds à Lake Placid (Etats-Unis).

1976

Pour encourager le développement de l'activité théâtrale des sourds en France, deux Américains, Alfredo CORRADO (sourd) et Bill MOODY (interprète), rencontrent Jean GREMION et créent ensemble une association appelée International Visual Theater (I.V.T.) au château de Vincennes.

1977

Levée de l'interdiction de la langue des signes dans l'enseignement par le ministère de la Santé.

Naissance du premier journal télévisé hebdomadaire pour les sourd traduit en L.S.F. sur Antenne 2 "Le journal des Sourds et des Malentendants" à l'initiative de l'U.N.I.S.D.A.

XIIIe Jeux olympiques des sourds à Bucarest (Roumanie).

1978

Le premier spectacle de théâtre, joué complètement dans le silence par des comédiens sourds de l' I.V.T., est bien reçu par le grand public.

Un groupe de 30 sourds français dont Emmanuelle LABORIT, des familles et des professionnels de la surdité sont du voyage, organisé par Bernard MOTTIEZ, sociologue français, et d'Henry MARKOWICZ, linguiste américain, à l'université de Gallaudet où ils redécouvrent notre héritage laissé aux sourds américains par Laurent CLERC, sourd lui-même, pionnier français de l'enseignement des sourds aux Etats-Unis dans les années 1800.

1979

Naissance de l'Académie de la langue des signes française (A.L.S.F.) : cours de L.S.F. et recherches linguistiques.

"Mes mains ont la parole" : une émission présentée par Marie-Thérèse LHUILLIER-ABBOU sur Antenne 2 devenant même la première personne sourde s'exprimant en L.S.F. pour les enfants à la télévision.

Parution du livre "L'enfant sauvage de l'Aveyron" de Harlan LANE.

8e congrès de la F.M.S. à Varna (Bulgarie) : première reconnaissance de la langue des signes.

IXe Jeux olympiques d'hiver des sourds à Méribel (France).

1980

Création d'une association 2 langues pour une éducation (2L.P.E.) : promotion de l'enseignement bilingue pour enfants sourds et diffusion de la L.S.F. auprès des parents d'enfants sourds et des professeurs de l'école.

Sous légide de Christine FOURNIER, l'Association française d'interprètes en langues des signes (A.N.F.I.D.A.) voit le jour : création d'une profession d'interprète français/langue des signes.

Premier Congrès de professeurs de L.S.F. à Dourdan organisé par l'A.L.S.F. : échanges sur l'enseignement de la langue des signes.

Un chanteur populaire Charles AZNAVOUR écrit et interprète une chanson en langage gestuel "Mon émouvant amour".

1981

XIVe Jeux olympiques des sourds à Cologne (RFA).

1982

Beau succès de la première version des "Enfants du Silence" de Marc MEDOFF avec Chantal LIENNEL, comédienne sourde, à Paris et en tournée.

1983

Première apparition du sous-titrage ANTIOPE à la télévision grâce à l'aboutissement des démarches entreprises par l'U.N.I.S.D.A.

Parution du premier livre consacré à la langue des signes "Le langage des sourds" de Christian CUXAC.

Naissance de la Fédération sportive européenne des sourds (lire : European Deaf Sport Organization).

Publication du livre sur la langue des signes : histoire et grammaire (tome I) par l'I.V.T.

9e Congrès mondial de la F.M.S. à Palerme (Italie).

Xe Jeux olympiques d'hiver des sourds à Madonna di Campiglio (Italie).

1984

Fondation de l'association "Laurent CLERC" et inauguration de la plaque commémorative sur la maison natale de Laurent CLERC à La Balme-les-Grottes (Isère).

1985

Lancement officiel du minitel Dialogue surnommé "Le téléphone des Sourds".

L'A.N.F.I.D.A. devient l'Association nationale pour l'interprétariat en langue des signes (A.N.P.I.L.S.) : formation continue des interprètes et création de services d'interprétariats.

Naissance du Mouvement des Sourds de France (M.D.S.), une association nationale.

XVe Jeux olympiques des sourds à Los Angeles (Etats-Unis).


1986

Sortie du film américain "Les enfants du silence" avec l'actrice sourde Marlee Matlin qui obtiendra l'Oscar d'interprétation féminine.

Marche nationale pour les droits des sourds de la place de la Bastille jusqu'à l'Hôtel Matignon organisé par le M.D.S. en collaboration avec I.V.T., A.L.S.F., et 2L.P.E.

Présence d'un conférencier sourd et salarié en la personne de Guy BOUCHAUVEAU à la cité des Sciences "La Villette".

Naissance d'une association appelée Sourds Entendants Recherche Action Communication (S.E.R.A.C.) : faciliter l'accession des sourds à la vie sociale, culturelle et professionnelle et mise en place d'une formation d'interprètes et d'un service d'interprétariat.

Publication du livre sur la langue des signes : vocabulaire (tome 2) par l'I.V.T.

Création d'un centre d'aide par le travail et par la communication (C.A.T.C.) à Paris pour les adultes sourds profonds âges de 20 à 45 ans et ayant des troubles associés : visuels, psychologiques, intellectuels et physiques.

1987

Changement de nom : la C.N.S.F. devient Fédération nationale des sourds de France (F.N.S.F.).

Premier symposium européen des interprètes pour sourds à Albi.

Lors de l'exposition de peinture à Paris, Michel LOURBET, peintre céramiste sourd, décide d'offrir son œuvre au célèbre footballeur Michel PLATINI.

10e Congrès mondial des la F.M.S. à Espoo (Finlande).

XIe Jeux olympiques d'hiver des sourds à Oslo (Norvège).

1988

Mobilisation générale des étudiants sourds de l'université Gallaudet à Washington (Etats-Unis) pour le choix d'un président sourd en la personne de I. KING JORDAN, docteur en psychologie.

Un cinéaste vidéo Auguste AUQUE, sourd lui même, réalise plusieurs films : reportages, films d'aventures ou comiques, une émission de 3 minutes sur Canal + "Avance sur image".

Création d'un club de motards sourds de France.

Rencontre entre les jeunes sourds de Strasbourg et le pape Jean-Paul II.

Le journal télévisé sur FR3 de 19 heures à 19 h 10 est sous-titré grâce à ANTIOPE.

1989

Grande marche du bicentenaire en hommage de l'abbé de l'EPEE à Paris.

Création de PAJE, une nouvelle société de fabrication d'une série d'émetteurs et de récepteurs permettant de transformer des signaux sonores de portes, téléphones, cris de bébés, alarmes, etc., en signaux lumineux ainsi que divers réveils lumineux ou vibrants.

Sous l'impulsion de Bruno MONCELLE, une association "Aides Groupe Sourds" naît : prévention et information sur le SIDA.

Le congrès et le festival "The Deaf Way" (La voie des sourds) ont lieu à Washington (Etats-Unis) avec un rassemblement de 6 500 personnes venues de 80 pays.

Exposition et diffusion d'un ouvrage collectif "Le pouvoir des signes" d'Alexis KARACOSTAS à Paris.

A Toulouse, le maire Dominique BAUDIS inaugure le premier atelier vidéo-sourd Jacques SANGLA.

A l'occasion du Congrès national de la F.N.S.F., le film "l'Abbé de l'EPEE", réalisé par un sourd Michel ROUVIERE, est projeté dans l'une des salles du Palais Chaillot à Paris.

XVIe Jeux olympiques des sourds à Christchurch (Nouvelle-Zélande).

1990

Premier colloque international sur la langue des signes au Futuroscope sur une idée de Jean François MERCURIO, directeur de l'ecole bilingue de Poitiers et président de 2L.P.E., qui décèdera la même année.

La reine Silvia de Suède s'intéresse au langage des sourds où elle a pris des cours intensifs.

La princesse DIANA nommée présidente d'honneur au congrès de B.D.A. (British Deaf Association, l'équivalent de la F.N.S.F. en Grande-Bretagne) connaît suffisamment la langue des signes où les sourds anglais lui ont fait une ovation.

Parution du livre sur la langue des signes : vocabulaire (tome 3) par l'I.V.T.

Première apparition du film français "Camille Claudel" avec Gérard DEPARDIEU et Isabelle ADJANI en sous-titrage français dans les salles de cinéma.

Publication des "Cahiers de l'histoire des Sourds" par Bernard TRUFFAUT, sourd lui-même, en collaboration avec l'association "Etienne de Fay".

Création d'une association des étudiants sourds de France (A.E.S.F.) à Paris.

Parution du livre "L'abbé de l'Epée" de Maryse BEZAGUDELUY.

Publication du livre "Des yeux pour entendre, voyage au pays des Sourds" de Oliver SACHS.

1991

La loi Fabius décrète sur le choix d'une éducation bilingue (L.S.F. et français écrit) ou orale.

11e Congrès mondial de la F.M.S. à Tokyo (Japon).

XIIe Jeux olympiques d'hiver des sourds à Banff (Canada).

Parution des livres "La planète de sourds" de Jean GREMION et "Quand l'esprit entend" d'Harlan LANE.

Premier colloque international sur l'Histoire des Sourds à Washington (Etats-Unis).

1992

Les sourds dans une émissions télévision "La Marche du Siècle" de Jean Marie CAVADA pour thème "Le peuple des sourds".

Sortie de la pièce de théâtre" Les enfants du silence" avec la comédienne sourde Emmanuelle LABORIT.

Création d'une association de dressage de chiens pour les sourds appelé "Le chien écouteur" par une devenue-sourde Odile POUPART.

1993

Remise du Molière de la meilleure révélation théâtrale à Emmanuelle LABORIT pour son interprétation Sarah dans la pièce "Les enfants du Silence": elle devient l'ambassadrice et le porte-parole de la communauté sourde auprès du public entendant.

Sortie du film français " Le pays des Sourds" de Nicolas PHILIBERT.

1994

Naissance d'une première émission hebdomadaire de 30 minutes intitulée "L'œil et la main" sur la Cinquième.

Visite de Madame Simone VEIL, alors ministre d'Etat, ministre des affaires sociales, de la santé et de la ville, pour célébrer le bicentenaire de l 'école Saint-Jacques, la plus ancienne école des sourds de France et même du monde après celui d'Amiens.

Publication du livre biographique d'Emmanuelle LABORIT "Le cri de la mouette".

Succès de la pièce de théâtre "Vole mon dragon" d'Hervé GUIBERT au festival d'Avignon avec des comédiens à la fois entendants et sourds.

Une sourde américaine, Heather WHITESTONE, couronnée Miss America.... et une autre, Zoe WHITEHOUSE, premier top model.

1995

Représentation de la pièce de théâtre "Antigone" avec Emmanuelle LABORIT au festival d'Avignon.

ANTIOPE disparaît, TELETEXTE arrive.

Jean Paul TISON, sourd lui-même, est élu maire de Le Menil-Guyon, petite commune de 110 habitants dans l'Orme.

Premier débat politique entre Jacques CHIRAC et Lionel JOSPIN sous-titré et en langue des signes assuré par deux interprètes sur la Cinquième.

Participation d'un motard sourd Philippe BARBERA au rallye Paris-Dakar qui, hélas, abandonnera au bout de quatre jours victime d'une chute sévère.

XIIIe Jeux olympiques d'hiver des sourds à Yllas (Finlande).

Des comédiens sourds comme Laurent VALO, Claire GUARGUIER et Bruno ZANARDI dans le film français "Ridicule" de Patrice LECONTE : 4 césars (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur décor, et meilleurs costumes).

Création du Club de plongée sous-marine des sourds de France.

Ouverture d'un service d'accueil en L.S.F. pour les sourds à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière par le Docteur DAGRON.

Participation d'une sourde lyonnaise, Stéphanie POUCHOY, à l'élection de Miss France.

1996

Diffusion du film "Le propre de l'homme" avec Emmanuelle LABORIT.

Assassinat du président des sourds de Russie qui faisait également partie du conseil d'administration de la F.M.S. 

Une centaine de sourds et Emmanuelle LABORIT dans une émission consacrée aux malades du SIDA sur France 2 : SIDACTION.

1997

Parution d'un ouvrage "Sourd, cent blagues" de Marc RENARD et d'Yves LAPALU. 

XVIIIe Jeux olympiques des sourds à Copenhague (Danemark) : l'équipe de France de foot décroche une médaille d'argent.

Diffusion d'une chanson (clip musical) en L.S.F. "Savoir Aimer" par Florent Pagny.

1998

Ouverture d'une agence de voyage Havas au service des sourds à Paris.

Reportage télévisé sur TF 1 qui parle de l'esclavage des sourds, appelé "Mafia du silence".

Diffusion d'une bande dessinée "LEO" par un dessinateur sourd, Yves LAPALU, en collaboration avec l'A.R.D.D.S.

Inauguration de l'installation de douze publiminitels pour les sourds à travers la ville de Toulouse par France Telecom.

Sortie du film franco-allemand "Au-delà du silence" avec Emmanuelle LABORIT.

Des sourdes dans le clip "Noir Désir".

L'Assemblée nationale est sous-titrée et interprétée en L.S.F. deux fois par semaine à raison d'une heure chacun sur France 3.

Le Premier ministre, Lionel JOSPIN, qui avait confié une mission d'enquête sur la vie sociale, l'éducation des sourds et les nouvelles technologies à Madame Dominique GILLOT (députée du Val-d'Oise), reçoit le rapport rédigé en 115 propositions pour le droit des sourds.

1999

Premier festival de "Visions du silence" organisé par l'équipe de l'Œil et la Main à Paris.

Sortie du film français "Retour à la vie" avec Emmanuelle LABORIT. 

Apparition de deux sourds discutant en L.S.F. dans le spot publicitaire pour NISSAN (marque de voiture japonaise).

Premier spectacle d'humour accessible aux sourds avec les meilleurs sketches du comédien Marc JOLIVET en compagnie d'une jeune interprète.

Fiction théâtrale "Ecoute-moi d'un autre œil" joué par des comédiens sourds et télévisée sur la Cinquième.

XIVe Jeux olympiques d'hiver des Sourds à Davos (Suisse).

2000

4e Colloque international sur l'Histoire des Sourds, à Washington (USA).

Les sourds dans "Ca se discute" une émission télévisée sur France 2 et présenté par Jean-Luc DELARUE avec pour thème: "Le monde des Sourds est-il un monde à part ?".

Les sourds dans "C'est pas sorcier", une émission de 30 minutes et télévisée sur france 3.

Parution de deux bandes dessinées : "Les sourdoués" de Sandrine ALLIER et "Sourds, cents blagues" (tome 2) de Marc RENARD et d'Yves LAPALU.

Les sourds dans l'émission "Savoir plus santé" sur France 2 avec un documentaire "Les sourds ont la parole" présenté par Daniel ABBOU.

Aux Jeux olympiques de Sydney (Australie), un nageur sourd d'origine africaine du Sud, Terence PARKIN, décroche une médaille d'argent sur 200 mètres brasse après avoir été classé 5e sur 400 mètres  quatre nages.


Source : J.D.S. (Journal Des Sourds), Bretagne, numéros 22, 23 et 24, année 2000-2001

1975 Alfredo Corrado visite la France

1977 création IVT

Lorsqu’il vient au monde, l’enfant sourd a les mêmes potentialités que l’enfant entendant en ce qui
concerne le langage, la vie psychique et affective, les activités cognitives, la socialisation. Que ces potentialités
soient loin d’être toujours réalisées ne provient pas de la surdité mais de l’attitude de l’entourage familial et social,
et avant tout de la carence sémiotique dans laquelle l’enfant est plongé ; pour s’en convaincre, il suffit d’observer
les familles où les parents et enfants sont sourds : leur vie s’y déroule dans absolue normalité. L’enfant reçoit la
langue des signes comme langue maternelle, exactement l’une des quelques trois mille langues parlées dans le
monde. Mais ceci ne concerne que 5% d’enfants sourds. Pour les autres, tout se jouera dans la rencontre avec
d’autres sourds. Parmi les étapes qui jalonnent la vie des sourds figure le moment crucial, bouleversant, qu’a été
l’instant de la découverte qu’ils n’étaient pas seul au monde, mais qu’existait une communauté d’êtres semblable à
eux.

Yves Delaporte     document??? date ???

Ce n’est qu’en 1980, que ce produit ce qu’on va appeler communément le “réveil sourd” avec William Stochoe, un linguiste, et de nombreux  journalistes et écrivains qui vont s’interesser à nouveau à ce langage et qui vont redonner ces lettres de noblesse à la langue.

En 1990, commence la médiatisation de la LSF, de nombreuses association ouvrent leurs portes, et la langue des signes est reconnue nationalement.

1991 Loi Fabius

liberté de choix entre langue française et langue des signes

Paris, ALSF 1997

20 février 2005

Langue des signes française = langue officielle